Chaudière gaz : faut-il vraiment la faire ramoner ?

« Le gaz ne fait pas de suie, donc pas besoin de ramoneur. » L'idée est répandue, et elle est à moitié vraie. Tout se joue sur la façon dont votre chaudière rejette ses gaz brûlés, une information inscrite sur sa plaque signalétique. Mode d'emploi pour savoir où vous en êtes.

« L'entretien annuel suffit » : pas tout à fait

Le chauffagiste qui révise la chaudière chaque année ne remplace pas forcément le ramoneur. Ce sont deux visites distinctes : l'une porte sur l'appareil (brûleur, échangeur, réglages, mesure de la combustion), l'autre sur le conduit qui évacue les fumées jusqu'au toit. La révision est exigée par le Code de l'environnement dès 4 kW de puissance et jusqu'à 400 kW. Le passage du ramoneur relève, lui, du Code de la santé publique : au moins un par an pour tout conduit utilisé pour évacuer des fumées.

Lire la plaque signalétique : type B ou type C ?

Sur la chaudière, souvent derrière le capot ou sur le côté, une étiquette indique le « type » d'appareil.

  • Type B (par exemple B11 ou B11BS) : la chaudière prend son air dans la pièce et envoie ses gaz brûlés dans une cheminée. C'est la configuration des modèles anciens ou basse température. Ici, le ramoneur doit passer tous les ans : c'est le cas typique de ramonage de chaudière gaz, avec remise d'un justificatif au propriétaire ou au locataire.

  • Type C (par exemple C13 ou C33) : l'appareil est étanche. Il aspire l'air extérieur et rejette ses fumées par un même tube à double paroi, la ventouse, qui traverse un mur ou la toiture. Pas de ramonage au sens réglementaire pour ces chaudières, très majoritaires parmi les modèles à condensation, selon l'ADEME : c'est lors de la révision annuelle que le technicien contrôle l'étanchéité de la ventouse et nettoie la liaison avec l'appareil.

En cas de doute, la notice ou le chauffagiste vous le diront en une minute. Pensez aussi à regarder la règle locale : certaines préfectures ou communes imposent davantage que le minimum national.

Un conduit de gaz peut-il s'encrasser ?

Le gaz produit effectivement très peu de suie. Mais un conduit de type B peut se boucher pour d'autres raisons : nid de choucas au sommet, chute de briques, tubage corrodé par les condensats. Les modèles qui fonctionnent par tirage naturel sont équipés d'une sonde qui coupe le brûleur quand les fumées redescendent dans le logement. Si votre chaudière « disjoncte » régulièrement sans raison apparente, c'est souvent elle qui parle : faites vérifier le conduit, et ne shuntez jamais cette sécurité.

Et en appartement ?

À moitié vrai, là encore. Quand l'immeuble a une chaufferie commune, c'est au bailleur ou à la copropriété d'en organiser la révision et le ramonage. Un conduit commun desservant plusieurs appartements est généralement géré par le syndic. Votre propre chaudière individuelle, en revanche, reste sous votre responsabilité, révision annuelle comprise.

Les alertes à ne pas ignorer

Une flamme qui jaunit, des auréoles sombres sur le mur ou autour de la ventouse, une buée inhabituelle sur les fenêtres de la pièce : autant de raisons d'appeler un technicien sans attendre la date habituelle. Et si plusieurs personnes de la maison souffrent en même temps de maux de tête ou de nausées quand le chauffage tourne, pensez au monoxyde de carbone : coupez l'appareil, ouvrez les fenêtres, sortez et contactez les secours (15, 18 ou 112). Les pompiers interviennent sur plusieurs milliers d'intoxications de ce type chaque année.

Ce que cela coûte, et ce qu'il faut garder

Pour un conduit de type B, le ramonage revient en général à une centaine d'euros, déplacement inclus. La révision de la chaudière se règle à part, souvent par un contrat annuel. Rangez ensuite dans le même dossier l'attestation du chauffagiste et le certificat de ramonage : après un incendie ou une intoxication liés au chauffage, l'assureur vous demandera les deux.

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